ART TEXTILE 

 Du tissage Jacquard des canuts aux écoles supérieures textiles de Lyon, de l’échantillonnage pour l’ameublement et l’habillement à l'Atelier National d'Art Textile de Paris, à la maîtrise de l’Ikat en Inde, en Indonési et au Japon, c’est dans son atelier à Sète (34) que sont nées des ambiances textiles à la mesure de son imagination sans cesse stimulée par ses voyages. Ses navettes à l’image de l’Orient-Express nous entraînent au cœur des fibres dans une palette de couleurs et d’harmonies entrelacées entre ciel et terre, entre mer et forêts, entre chaîne et trame. Métissage d’une artiste née d’une soierie lyonnaise et d’un brocart indien, nomade du textile elle suit le fil qui relie ses voyages au tissage.
Claire Schneider tisse le vide comme espace de respiration - un intervalle non pas envisagé comme une absence qui sépare mais comme une relation. Elle brasse triture taquine câline la matière pour lui rendre l’énergie du vivant. 

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MON PARCOURS

En 1978, j’ai 10 ans, ma maman m’offre un métier à tisser et depuis, je n’ai jamais arrêté. Bien que dyslexique confrontée à de nombreux tiraillements scolaires, cette technique me permet – curieusement – d’être dans la réussite. Sensation que mon cerveau est fait pour compter des fils, remplir des cases à petit carreau et écrire des armures, le point toile, le sergé, le satin… Tout est simple et logique.

 

À 16 ans (1981/82), je prends sur moi et m’inscrire à l’école de tissage Diderot  sur les pentes de la Croix Rousse ou les métiers Jacquart résonne necore dans la méméoire de la ville. Je pars y apprendre le tissage de la soierie, les brocards, damassés, broché Louis XV. Un travail de reproduction de tissu ancien, un travil de haute technique.

 

En 1983/85, je « monte » à Paris, aux Ateliers Nationaux d’Art Textile (aujourd’hui ENSCI, École Nationale Supérieure de Création Industrielle) où j’apprends le métier de designer textile, l’architecture du textile. J’apprends l’échantillonnage pour l’industrie, un métier codé et lié à la mode que je pratique pendant deux ans en freelance.

 

En 1993, avide d’acquérir de nouvelles compétences, je me rends en Inde, au Kashmir à la recherche du tissage du Cachemire - en souvenir d’une magnifique étole qui trônait dans ma famille sur un guéridon et qui, techniquement, restait une énigme pour moi. D’atelier en atelier, à Srinagar, je vois se tisser des chefs d’œuvres. Une multitude de bobines pour une multitude de couleurs où se dessinent le motif de la palmette, une goutte d’eau au sommet incurvé, le pétale d’un iris stylisé…

 

En 1998, j’obtiens une bourse du Ministère français de la culture, pour l’étude de la technique de l’Ikat au Weaver’s Service Center d’Hyderabad, atelier gouvernemental en Inde.

Et de l’Ikat naît toute la magie orientale émanant d’une étoffe dont l’harmonie des dessins et les calculs géométriques ont la sagesse de se perdre dans les contours des motifs, semblant ainsi repousser leurs propres limites.

Technique que j’ai enseignée à l’École nationale d’art décoratif d’Aubusson. Technique que par la suite, j’ai exercée en Indonésie et au Japon.

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